ENFANCE EN DANGER

Marrakech - novembre 2009

  • La convention internationale des droits de l’enfant

Participation à une table ronde sur invitation de Madame Karima MKIKA,  Présidente de l’association AL KARAM


Cette table ronde avait pour but de réaliser un guide concernant la convention internationale des droits de l’enfant dont le Maroc est signataire.
Elle a été l'occasion de découvrir et d'échanger sur les moyens mis en place par nos pays pour l'application de cette charte.

Etaient réunis : Mme la chef de service de la délinquance juvénile, représentante du ministère de la Justice, des magistrats de la jeunesse marocains, des policiers de la brigade des mineurs, la coordinatrice du centre de sauvegarde de l'enfance de Marrakech et différents travailleurs sociaux (équipe éducative d'Al Karam, assistantes sociales).

Les échanges ont soulevé le décalage entre l'arsenal législatif et la mise en application.
Les participants ont unanimement soulevé le déficit de structures et de diversité des réponses pour la prise en charge et l'accueil des enfants dans les rues.
A Marrakech, cependant, Al Karam a obtenu la création d'un poste d'assistante sociale auprès du tribunal pour enfants.
Les Maroc est en voie de professionnaliser les travailleurs sociaux, mais il reste beaucoup à faire pour une réelle reconnaissance de leur action.

  • Al Karam- Marrakech : échanges avec la Présidente et l'équipe éducative.


Al Karam est notre première "rencontre " au Maroc. Cette association oeuvre à la défense des droits de l'enfant. Le dynamisme de sa présidente permet un développement rapide de leurs activités et une reconnaissance croissante dans l'aide aux enfants.

La lutte contre le travail des enfants a été le principal moteur de leur développement. Des structures d'accueil, un point d'écoute, et un pôle emploi ont progressivement vu le jour.

Le travail des enfants, la déscolarisation est un fléau au Maroc. Les enfants sont retirés de l'école pour aller mendier ou être placés comme "petites bonnes". "L'obligation scolaire est dans les textes, mais son application passe par l'éducation des parents" affirme  la Présidente de l'association.

Les travailleurs sociaux, tous qualifiés, sont omniprésents dans les foyers d'accueil , à la rencontre des enfants dans les rues, auprès du tribunal, du commissariat, ou des familles.

  • Fiers et Forts, Tamesloth : rencontre avec la Présidente et  l'équipe enseignante

Le Centre Fiers et Forts est un centre pour "enfants des rues" à Tamesloth, 20 km de Marrakech. Le Centre a été créé en 2003 par Mme Dorine Eijkman; un citoyen néerlandaise. Le centre recueille des enfants dans les rues à Tamesloth et alentours afin de les re scolariser et de permettre leur retour en famille.

La ville de Marrakech attire une importante migration de marocains venus de l’Atlas, elle bénéficie de ressources importantes liées au tourisme.

En revanche les régions rurales alentour sont peu développées, la population est d’une grande pauvreté : manque de travail, de soutien social, condition de logement et d’hygiène précaires. Ces conditions génèrent de nombreux abandons d’enfant ou une mise au travail précoce et une exploitation des enfants qui sont mis à disposition de familles riches pour effectuer des tâches ménagères.

Tamesloth est d’une grande pauvreté, Madou Eijkman évalue à 400 le nombre d’enfants des rues dans cette région rurale du Haouz.

Les enfants recueillis au centre font l’objet d’un accompagnement éducatif : inscription à l’état civil, soin, alimentation, éducation et scolarisation.

Ils sont prioritairement inscrits dans les écoles et collèges de Tamesloth, cependant une trentaine d’enfants âgés de 4 à 15 ans environ bénéficient de cours sur place pour être alphabétisés ou pour une remise à niveau en lecture écriture, mathématique, français, ainsi que des activités sportives ou théâtrales.

Une dizaine d’enfants sont hébergés sur place de façon provisoire, les éducateurs effectuent un accompagnement avec les familles ou avec des centres d’accueil pour leur permettre un retour dans leur milieu naturel.

Le centre est dépendant de financements marocains et néerlandais. Au Pays bas c’est la Fondation du Centre Eijkman Fiers et Forts qui soutien le centre. Sur le plan local des dons sont effectués par des entreprises ou des institutions.